Société Bwin : Forcing sur le marché des paris en ligne
Société Bwin : Forcing sur le marché des paris en ligne
Source Le Monde.fr
Le 10 Mars, l'un des deux dirigeants de la société de paris en ligne Bwin, Manfred Bodner, va répondre à la convocation des juges français. Il devrait aussi profiter de son séjour en France pour arpenter les couloirs des ministères. Lobbying oblige. Une situation paradoxale qui décrit bien la position de la société. Cotée à la Bourse de Vienne en Autriche mais installée à Gibraltar pour profiter d'une législation allégée, elle fait tout son possible pour modifier les règles du marché européen des jeux d'argent sur Internet.
Bwin en rêve : pouvoir afficher largement sa marque dans l'Hexagone et recruter ainsi en masse des joueurs français. Paris sportifs en tout genre avant et surtout pendant les épreuves, Poker, casino : les jeux sont prêts. Pour que le rêve de la société autrichienne se réalise, encore faut-il bousculer le monopole accordé à la Française des jeux et au PMU. Un monopole qui interdit aujourd'hui à Bwin de faire de la publicité.
Norbert Teufelberger et Manfred Bodner, les deux patrons, l'ont appris à leurs dépens quand, venant signer un accord de sponsoring maillot avec l'équipe de football de l'AS Monaco en septembre 2006, ils ont été arrêtés et placés en garde à vue. Cette arrestation faisait suite à une plainte déposée en 2005 contre Bwin par le PMU et la Française des jeux.
Depuis, Bwin s'emploie à faire bouger les choses, en multipliant les opérations de lobbying, seule mais aussi avec ses concurrents. Avec six autres sociétés de jeux en ligne
, elle a créé il y a un an l'European Gaming and Betting Association (EGBA). Le bras armé d'une bataille qui se joue à Paris mais aussi à Bruxelles. Car la France n'est pas le seul pays visé. S'appuyant sur le principe de libre circulation des services en vigueur dans l'Union européenne, les sociétés de jeu en ligne poussent Bruxelles à multiplier les procédures d'infraction envers les gouvernements nationaux pour qu'ils ouvrent le marché des jeux à la concurrence.
Pour Bwin, l'enjeu est d'importance. Le modèle économique de la société, créée en 1997, est encore aléatoire. Alors qu'elle était initialement spécialisée dans les paris en ligne, une activité qui représente encore plus de la moitié de son chiffre d'affaires, elle décide en 2005 de racheter la société suédoise OnGame. Elle espère ainsi faire coup double : prendre pied sur le marché du Poker et se développer outre-Atlantique. Quelques mois plus tard, les Etats-Unis décident de fermer le marché des jeux en ligne
. Bwin est contraint de se retirer du territoire américain.
Second revers, toujours en 2006 : le marché turc se ferme à son tour. Résultat, le chiffre d'affaires de Bwin en 2007, environ 350 millions d'euros, sera inférieur à celui de 2006 (381 millions d'euros). La société devrait toutefois afficher un léger bénéfice après de fortes pertes dues à la dépréciation d'OnGame. En 2007, elle a aussi tenté de pénétrer le marché chinois en ouvrant un bureau à Pékin, pour l'instant sans succès.
Les espoirs de Bwin se concentrent donc sur l'Europe, où la marque s'affiche déjà sur les maillots des joueurs de football du Real Madrid et du Milan AC.
Source Le Monde.fr
Le 10 Mars, l'un des deux dirigeants de la société de paris en ligne Bwin, Manfred Bodner, va répondre à la convocation des juges français. Il devrait aussi profiter de son séjour en France pour arpenter les couloirs des ministères. Lobbying oblige. Une situation paradoxale qui décrit bien la position de la société. Cotée à la Bourse de Vienne en Autriche mais installée à Gibraltar pour profiter d'une législation allégée, elle fait tout son possible pour modifier les règles du marché européen des jeux d'argent sur Internet.
Bwin en rêve : pouvoir afficher largement sa marque dans l'Hexagone et recruter ainsi en masse des joueurs français. Paris sportifs en tout genre avant et surtout pendant les épreuves, Poker, casino : les jeux sont prêts. Pour que le rêve de la société autrichienne se réalise, encore faut-il bousculer le monopole accordé à la Française des jeux et au PMU. Un monopole qui interdit aujourd'hui à Bwin de faire de la publicité.
Norbert Teufelberger et Manfred Bodner, les deux patrons, l'ont appris à leurs dépens quand, venant signer un accord de sponsoring maillot avec l'équipe de football de l'AS Monaco en septembre 2006, ils ont été arrêtés et placés en garde à vue. Cette arrestation faisait suite à une plainte déposée en 2005 contre Bwin par le PMU et la Française des jeux.
Depuis, Bwin s'emploie à faire bouger les choses, en multipliant les opérations de lobbying, seule mais aussi avec ses concurrents. Avec six autres sociétés de jeux en ligne
, elle a créé il y a un an l'European Gaming and Betting Association (EGBA). Le bras armé d'une bataille qui se joue à Paris mais aussi à Bruxelles. Car la France n'est pas le seul pays visé. S'appuyant sur le principe de libre circulation des services en vigueur dans l'Union européenne, les sociétés de jeu en ligne poussent Bruxelles à multiplier les procédures d'infraction envers les gouvernements nationaux pour qu'ils ouvrent le marché des jeux à la concurrence.
Pour Bwin, l'enjeu est d'importance. Le modèle économique de la société, créée en 1997, est encore aléatoire. Alors qu'elle était initialement spécialisée dans les paris en ligne, une activité qui représente encore plus de la moitié de son chiffre d'affaires, elle décide en 2005 de racheter la société suédoise OnGame. Elle espère ainsi faire coup double : prendre pied sur le marché du Poker et se développer outre-Atlantique. Quelques mois plus tard, les Etats-Unis décident de fermer le marché des jeux en ligne
. Bwin est contraint de se retirer du territoire américain.
Second revers, toujours en 2006 : le marché turc se ferme à son tour. Résultat, le chiffre d'affaires de Bwin en 2007, environ 350 millions d'euros, sera inférieur à celui de 2006 (381 millions d'euros). La société devrait toutefois afficher un léger bénéfice après de fortes pertes dues à la dépréciation d'OnGame. En 2007, elle a aussi tenté de pénétrer le marché chinois en ouvrant un bureau à Pékin, pour l'instant sans succès.
Les espoirs de Bwin se concentrent donc sur l'Europe, où la marque s'affiche déjà sur les maillots des joueurs de football du Real Madrid et du Milan AC.
Libellés : annie sinclar




0 commentaires:
Enregistrer un commentaire
<< Accueil