Interview du Directeur de Zeturf.com, E Rohant Chabot
Interview réalisé par Le journal de l'Industrie des jeux en ligne
Suite aux évolutions juridiques en cours sur le marché français des jeux d'argent en ligne, Emmanuel de Rohan Chabot, directeur du site zeturf, a répondu à nos questions.
Emmanuel de Rohan Chabot, pouvez-vous nous présenter votre parcours et les raisons qui vous ont amenés à vous installer à Malte ?
En 2000, nous avons fait le constat qu'il n'existait en France aucun site internet de qualité permettant aux Turfistes d'accéder en ligne à l'information hippique. Or il y a plus de 6 millions de turfistes en France ...
Nous avons donc décidé de lancer Zeturf.com, site gratuit d'information hippique. Le modèle économique était encore celui de la première époque d'Internet : le financement par la publicité. Zeturf a été mis en ligne en 2001, à un moment où ce modèle ne fonctionnait plus. Il a donc fallu trouver d'autres sources de revenus.
Nous avons donc dévéloppé une adctivité de production de contenus hippiques pour des tiers (Internet, Presse écrite, ...) Ce savoir faire nous permet d'ailleurs aujourd'hui de proposer des contenus à des supports variés, tout en leur achetant leur espace publicitaire pour faire connaître Zeturf.com.
Nous avons également proposé au PMU de travailler en partenariat avec eux. Malgré un accord initial, le PMU n'a pas donné suite à ce partenariat. L'équilibre économique de la Société était donc, au mieux, précaire.
En 2004, il est devenu évident que la libéralisation européenne des paris en lignes était en marche. J'ai alors été contacté par des investisseurs, Maltais et Autrichiens, qui m'ont proposé de racheter l'activité Internet de Zeturf et de développer à Malte une plate-forme de prise de paris. Ils m'ont également proposé de m'associer au lancement de cette activité.
J'ai accepté cette proposition, à deux conditions :
1) que la prise de paris se fasse en mode mutuel, qui est à mon sens le seul système qui permette la transparence de cette activité,
2) Que Zeturf sincrive dans un partenariat avec la filière hippique en participant à son financement
Ces conditions ayant été acceptées, j'ai rejoint le projet et Zeturf.com a commencé à prendre des paris en Juin 2005.
Vous êtes (et peu de gens le savent), un des principaux artisans de l’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne suite à votre conflit avec le PMU. Où en est, juridiquement, le différend judiciaire avec le PMU.
Il semble en effet que le "cas Zeturf" ait, pour le moins, contribué à accélérer l'ouverture du marché !
Notre volonté n'était pourtant pas de renverser le système. Nous avions ainsi proposé, dès juin 2005, de participer au financement de la filière hippique. Si cette proposition a abouti à des partenariats dans de nombreux pays, ce n'a hélas pas été le cas en France où le PMU a lancé une bataille judiciaire contre nous.
A l'heure actuelle la situation est la suivante :
- La procédure civile en France a été sanctionnée le 10 juillet 2007 par la Cour de Cassation dans "l'Arrêt Zeturf". Il est donc aujourd'hui nécessaire de retourner devant la Cour d'Appel afin d'obtenir un Jugement définitif sur ce sujet. A moins de trouver avec le PMU un compromis mettant fin à cette dispute nous saisirons la Cour d'Appel de Paris, au plus tard en septembre 2008.
- Zeturf a également saisi le Conseil d'Etat afin de lui demander d'invalider le décret de 1997 qui officialise le Monopole du PMU. La procédure est en cours.
- Nous avions enfin remis à la Commission Européenne en août 2005 un plainte contre la France. Cette plainte, avec d'autres, est à l'origine de l'avis motivé remis par la Commission Européenne, demandant à la France de modifier sa législation sur les jeux en ligne. Il est interressant de noter que la Commission Européenne ne peut transiger et cesser la procédure contre la France qu'à la condition que les plaignants, dont Zeturf, retirent leurs plaintes ....
Pouvez-vous nous présenter Zeturf, son activité, son développement, ses fondateurs.
Zeturf Ltd est une Société Maltaise, titulaire d'une licence de prise de paris accordée par Malte.
L'activité principale de Zeturf est la prise de paris mutuels sur les courses hippiques, en Europe, mais également dans de nombreux pays hors Europe. Le mutualisme garantit la transparence et la régularité de notre activité. En effet nous ne sommes pas, contrairement aux bookmakers, en position de contrepartie par rapport à nos clients. Le résultat de l'évènement n'a pas d'influence sur notre marge. Cette neutralité nous permet de donner à nos clients, d'une part toute l'information dont nous disposons, d'autre part des gains plus élevés car nous ne sommes pas en risque.
Zeturf a également développé un univers de courses hippiques vituelles : ZERACE. Cet univers permet aux joueurs d'élever et de faire courir des chevaux virtuels dans des conditions très proches de la réalité.
Nous développons également la prise de paris sportifs en mode mutuel : ZEBET.
Les axes de développement portent principalement sur la diversification et l'internationalisation de l'offre de paris et de la clientèle, ainsi que sur la mise à disposition de nouveaux supports media : video en direct des courses, commentaires audio. Ces produits sont déjà disponibles pour les courses de divers pays (Angleterre, Afrique du Sud, Dubaï, etc ...). Nous voyons en effet notre activité comme de " l'entertainment" autant que comme du pari.
L'équipe dirigeante de Zeturf est composée d'investisseurs Européens issus du monde de la Finance et de l'Internet. J'assure les fonctions de Directeur Général.
Quel part représente la France dans l’activité de Zeturf ?
La part française de l'activité, tant pour les courses supports de paris que pour le nombre de clients est aujourd'hui minoritaire. Le développement international de Zeturf s'est effectué beaucoup plus rapidement qu'en France, en partie à cause des restrictions imposées par la Loi française.
Comment jugez-vous l’ouverture en cours du marché français des paris hippiques ?
Difficile aujourd'hui de porter un réel jugement. Il y a, c'est certain, et c'est déjà un grand progrès, un prise de conscience de la part du Gouvernement Français.
La notion d'ouverture maîtrisée ma paraît essentielle. L'activité du jeu en ligne doit être encadrée. La France insiste sur le principe du pari mutuel et, pour les paris hippiques, sur l'obligation du financement de la filière. J'adhère entièrement à ces principes, pour les raisons évoquées plus haut. Nous soutiendrons pleinement ces orientations devant la Commission Européenne.
Au delà de ces louables principes, il semble que la France souhaite réserver l'activité à des opérateurs titulaires de lincences françaises, à l'exclusion donc de toute reconnaissance mutuelle des opérateurs européens ... La Commission acceptera-t-elle une telle restriction ?
Si il me paraît normal que les opérateurs visant le marché français se soumettent à une procédure d'agrément, et respectent des principes spécifiques, l'Esprit de la réglementation Européenne est en revanche de constituer un Marché Unique, ouverts à tous les acteurs.
Au delà des grands principes, le souhait Français de soumettre tous les opérateurs à un même régime fiscal, basé sur une taxation des enjeux, rendra la concurrence illusoire. La problème risque donc de se déplacer vers des opérateurs extra-européens. Ceux là, contrairement à Zeturf, ne sont soumis à aucun contrôle, et ne participent à aucun financement. Or on sait qu'il est aujourdh'ui techniquement et légalement impossible de leur bloquer l'accès. La seule manière à mon sens de maîtriser l'offre est de canaliser la demande vers des sites controlés, et par conséquent de laisser jouer librement la concurrence au sein de l'Europe ...
Le processus n'est encore qu'à ses débuts. Nous verrons ...
L’ouverture du marché français peut-elle vous amener à développer votre activité en France, voire vous y implanter.
Sous les réserves indiquées ci-dessus, oui. Pour autant qu'une fiscalité acceptable soit proposée, nous souhaitons développer notre activité en
France, en partenariat avec la filière hippique, et plus largement avec le monde du sport. Nous aimerions, par exemple, mettre à disposition des institutions sportives françaises (Fédération sportives, Clubs ...) des sites de prise de pari mutuel, qui leur apporteraient ainsi des
ressources complémentaires, dont le sport français a aujourd'hui besoin.
Dans un tel cadre nous nous implanterions en France.
Emmanuel de Rohan Chabot, merci
Suite aux évolutions juridiques en cours sur le marché français des jeux d'argent en ligne, Emmanuel de Rohan Chabot, directeur du site zeturf, a répondu à nos questions.
Emmanuel de Rohan Chabot, pouvez-vous nous présenter votre parcours et les raisons qui vous ont amenés à vous installer à Malte ?
En 2000, nous avons fait le constat qu'il n'existait en France aucun site internet de qualité permettant aux Turfistes d'accéder en ligne à l'information hippique. Or il y a plus de 6 millions de turfistes en France ...
Nous avons donc décidé de lancer Zeturf.com, site gratuit d'information hippique. Le modèle économique était encore celui de la première époque d'Internet : le financement par la publicité. Zeturf a été mis en ligne en 2001, à un moment où ce modèle ne fonctionnait plus. Il a donc fallu trouver d'autres sources de revenus.
Nous avons donc dévéloppé une adctivité de production de contenus hippiques pour des tiers (Internet, Presse écrite, ...) Ce savoir faire nous permet d'ailleurs aujourd'hui de proposer des contenus à des supports variés, tout en leur achetant leur espace publicitaire pour faire connaître Zeturf.com.
Nous avons également proposé au PMU de travailler en partenariat avec eux. Malgré un accord initial, le PMU n'a pas donné suite à ce partenariat. L'équilibre économique de la Société était donc, au mieux, précaire.
En 2004, il est devenu évident que la libéralisation européenne des paris en lignes était en marche. J'ai alors été contacté par des investisseurs, Maltais et Autrichiens, qui m'ont proposé de racheter l'activité Internet de Zeturf et de développer à Malte une plate-forme de prise de paris. Ils m'ont également proposé de m'associer au lancement de cette activité.
J'ai accepté cette proposition, à deux conditions :
1) que la prise de paris se fasse en mode mutuel, qui est à mon sens le seul système qui permette la transparence de cette activité,
2) Que Zeturf sincrive dans un partenariat avec la filière hippique en participant à son financement
Ces conditions ayant été acceptées, j'ai rejoint le projet et Zeturf.com a commencé à prendre des paris en Juin 2005.
Vous êtes (et peu de gens le savent), un des principaux artisans de l’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne suite à votre conflit avec le PMU. Où en est, juridiquement, le différend judiciaire avec le PMU.
Il semble en effet que le "cas Zeturf" ait, pour le moins, contribué à accélérer l'ouverture du marché !
Notre volonté n'était pourtant pas de renverser le système. Nous avions ainsi proposé, dès juin 2005, de participer au financement de la filière hippique. Si cette proposition a abouti à des partenariats dans de nombreux pays, ce n'a hélas pas été le cas en France où le PMU a lancé une bataille judiciaire contre nous.
A l'heure actuelle la situation est la suivante :
- La procédure civile en France a été sanctionnée le 10 juillet 2007 par la Cour de Cassation dans "l'Arrêt Zeturf". Il est donc aujourd'hui nécessaire de retourner devant la Cour d'Appel afin d'obtenir un Jugement définitif sur ce sujet. A moins de trouver avec le PMU un compromis mettant fin à cette dispute nous saisirons la Cour d'Appel de Paris, au plus tard en septembre 2008.
- Zeturf a également saisi le Conseil d'Etat afin de lui demander d'invalider le décret de 1997 qui officialise le Monopole du PMU. La procédure est en cours.
- Nous avions enfin remis à la Commission Européenne en août 2005 un plainte contre la France. Cette plainte, avec d'autres, est à l'origine de l'avis motivé remis par la Commission Européenne, demandant à la France de modifier sa législation sur les jeux en ligne. Il est interressant de noter que la Commission Européenne ne peut transiger et cesser la procédure contre la France qu'à la condition que les plaignants, dont Zeturf, retirent leurs plaintes ....
Pouvez-vous nous présenter Zeturf, son activité, son développement, ses fondateurs.
Zeturf Ltd est une Société Maltaise, titulaire d'une licence de prise de paris accordée par Malte.
L'activité principale de Zeturf est la prise de paris mutuels sur les courses hippiques, en Europe, mais également dans de nombreux pays hors Europe. Le mutualisme garantit la transparence et la régularité de notre activité. En effet nous ne sommes pas, contrairement aux bookmakers, en position de contrepartie par rapport à nos clients. Le résultat de l'évènement n'a pas d'influence sur notre marge. Cette neutralité nous permet de donner à nos clients, d'une part toute l'information dont nous disposons, d'autre part des gains plus élevés car nous ne sommes pas en risque.
Zeturf a également développé un univers de courses hippiques vituelles : ZERACE. Cet univers permet aux joueurs d'élever et de faire courir des chevaux virtuels dans des conditions très proches de la réalité.
Nous développons également la prise de paris sportifs en mode mutuel : ZEBET.
Les axes de développement portent principalement sur la diversification et l'internationalisation de l'offre de paris et de la clientèle, ainsi que sur la mise à disposition de nouveaux supports media : video en direct des courses, commentaires audio. Ces produits sont déjà disponibles pour les courses de divers pays (Angleterre, Afrique du Sud, Dubaï, etc ...). Nous voyons en effet notre activité comme de " l'entertainment" autant que comme du pari.
L'équipe dirigeante de Zeturf est composée d'investisseurs Européens issus du monde de la Finance et de l'Internet. J'assure les fonctions de Directeur Général.
Quel part représente la France dans l’activité de Zeturf ?
La part française de l'activité, tant pour les courses supports de paris que pour le nombre de clients est aujourd'hui minoritaire. Le développement international de Zeturf s'est effectué beaucoup plus rapidement qu'en France, en partie à cause des restrictions imposées par la Loi française.
Comment jugez-vous l’ouverture en cours du marché français des paris hippiques ?
Difficile aujourd'hui de porter un réel jugement. Il y a, c'est certain, et c'est déjà un grand progrès, un prise de conscience de la part du Gouvernement Français.
La notion d'ouverture maîtrisée ma paraît essentielle. L'activité du jeu en ligne doit être encadrée. La France insiste sur le principe du pari mutuel et, pour les paris hippiques, sur l'obligation du financement de la filière. J'adhère entièrement à ces principes, pour les raisons évoquées plus haut. Nous soutiendrons pleinement ces orientations devant la Commission Européenne.
Au delà de ces louables principes, il semble que la France souhaite réserver l'activité à des opérateurs titulaires de lincences françaises, à l'exclusion donc de toute reconnaissance mutuelle des opérateurs européens ... La Commission acceptera-t-elle une telle restriction ?
Si il me paraît normal que les opérateurs visant le marché français se soumettent à une procédure d'agrément, et respectent des principes spécifiques, l'Esprit de la réglementation Européenne est en revanche de constituer un Marché Unique, ouverts à tous les acteurs.
Au delà des grands principes, le souhait Français de soumettre tous les opérateurs à un même régime fiscal, basé sur une taxation des enjeux, rendra la concurrence illusoire. La problème risque donc de se déplacer vers des opérateurs extra-européens. Ceux là, contrairement à Zeturf, ne sont soumis à aucun contrôle, et ne participent à aucun financement. Or on sait qu'il est aujourdh'ui techniquement et légalement impossible de leur bloquer l'accès. La seule manière à mon sens de maîtriser l'offre est de canaliser la demande vers des sites controlés, et par conséquent de laisser jouer librement la concurrence au sein de l'Europe ...
Le processus n'est encore qu'à ses débuts. Nous verrons ...
L’ouverture du marché français peut-elle vous amener à développer votre activité en France, voire vous y implanter.
Sous les réserves indiquées ci-dessus, oui. Pour autant qu'une fiscalité acceptable soit proposée, nous souhaitons développer notre activité en
France, en partenariat avec la filière hippique, et plus largement avec le monde du sport. Nous aimerions, par exemple, mettre à disposition des institutions sportives françaises (Fédération sportives, Clubs ...) des sites de prise de pari mutuel, qui leur apporteraient ainsi des
ressources complémentaires, dont le sport français a aujourd'hui besoin.
Dans un tel cadre nous nous implanterions en France.
Emmanuel de Rohan Chabot, merci
Libellés : annie sinclar




0 commentaires:
Enregistrer un commentaire
<< Accueil